L'eau, bien public, ici à Montreuil, comme partout
Par Patrick Petitjean
Une grande foire mondiale des marchands d'eau va se tenir en mars 2012 à Marseille. En contrepoint, au même moment, associations d'usages et ONG organisent un FORUM ALTERNATIF MONDIAL DE L'EAU. Le Forum Mondial Social de Dakar, en janvier 2011 avait proposé d'en faire une des principales échéances des altermondialistes. La préparation du FAME bat son plein, dans la perspective intermédiaire des Assises franciliennes de l'eau en décembre prochain.
Ces assises sont organisées par la Coordination Eau Ile de France, qui présente ainsi les Assises sur son site :
Pourquoi des Assises de l'eau ?
Tout en étant la vitrine du « modèle français », la gestion de l'eau en Île- de-France cristallise nombre de contradictions qui appellent à une démocratisation de ce service public essentiel.
La qualité et la disponiblité des sources d'approvisionnement en eau potable se dégrade de façon alarmante.
La facture d'eau n'a cessé d'augmenter pour les usagers domestiques, pénalisés par un système de tarification injuste.
A l'heure de la reconnaissance du droit d'accès à l'eau et à l'assainissement par l'ONU, ce droit n'est toujours pas une réalité pour les populations les plus défavorisées de la région capitale.
Partant du constat critique d'une absence de prise en compte des usagers citoyens dans les décisions concernant l'eau et l'assainissement, les Assises font appel à celles et ceux que la centralisation technicienne et marchande a écartés de la gestion de l'eau et de l'assainissement à savoir les citoyens et leurs associations, pour trouver les réponses innovantes aux défis actuels.
LES REJOUISSANCES
Les Assises régionales auront lieu au Pavillon de l'eau, 77 avenue de Versailles à Paris, le vendredi 9 décembre au soir et le samedi 10 décembre toute la journée.
Elles sont précédées de nombreux ateliers et débats dans toute la région. Entre autres :
mardi 15 novembre, 18h30, à l'Université Paris 8 (Saint-Denis) : conférence débat « quelles perspectives pour le droit à l'eau ? »
vendredi 25 novembre, 19h, à Comme Vous Emoi (5 rue de la Révolution à Montreuil), atelier « comment démocratiser la gestion de l'eau ? ».
Et aussi, au plan régional :
Meeting de la Fondation COPERNIC
L'EAU BIEN COMMUN
Démocratie, Ecologie, Egalité d'accès
le 18 novembre 2011 à 18h30
Salle Jean Dame
17 Rue Léopold Bellan - 75002 PARIS - (M° Sentier)
L'eau est un bien commun de l'humanité, pas une marchandise. Les multinationales de l'eau, pour le profit qu'elles en retirent, déploient une stratégie inefficace : malgré les promesses faites, plus d'un milliard de personnes n'ont pas accès à l'eau et 2,6 milliards ne bénéficient pas d'un service d'assainissement. Les problèmes liés à l'eau ont, certes, des caractéristiques propres dans chaque région du monde, mais il apparaît qu'une gestion démocratique de l'eau, associant les citoyens aux décisions, est partout la seule solution pertinente d'un point de vue social, économique et écologique.
Il s'agit, en effet, de garantir l'égal accès de tous à l'eau potable et à l'assainissement (conformément au droit reconnu par l'ONU en juillet 2010). La préservation de la qualité de l'eau constitue donc, elle aussi, un impératif majeur.
La rencontre de ce vendredi 18 novembre participe de la mobilisation nécessaire pour que l'eau redevienne un bien commun.
Accueil : Jacques Boutault, maire du 2e arrondissement de Paris
Avec :
Anne Le Strat, Adjointe au Maire de Paris, chargée de l'eau,de l'assainissement et de la gestion des canaux ; Présidente du Comité de bassin Seine-Normandie
Jean-Claude Oliva, Coordination Eau Ile de France, coordonnateur de la préparation du FAME (Forum alternatif mondial de l'eau), Marseille, mars 2012
Hervé Bramy, Membre de l'exécutif national du PCF, en charge des questions du développement durable, conseiller général du 93
Razzy Hammadi, Secrétaire national du PS, chargé des services publics
Gabriel Amard, Secrétaire national du Parti de Gauche ; Président de la Régie publique Eau des lacs de l'Essonne. Auteur de L'Eau n'a pas de prix, Vive la régie publique !
Cécile Duflot, Secrétaire nationale de EELV
Thibault Blondin, NPA
Pierre Vila, Membre du collectif national de la FASE
Président de séance : Denis SIEFFERT, journal Politis
Et pour information, ci-après sont reproduites deux des lettres hebdomadaires d'information, préparatoires des Assises régionales :
Le temps des citoyens
Pour faire entendre leurs propositions, pour inscrire leurs idées ou leurs revendications dans la durée au-delà de telle ou telle action ponctuelle, pour les traduire dans des dispositifs institutionnels, les citoyens et leurs associations vont bénéficier dans les prochains mois d’une conjoncture exceptionnelle en Île-de-France. Tout d’abord, la région va revoir sa politique de l’eau. La période 2008-2012, dont les orientations ont été votées en octobre 2007, s’achève. Les orientations pour la période suivante vont être élaborées à présent. C’est donc le bon moment pour intervenir !
Les récents changements survenus à la tête du Comité de bassin de l’Agence de l’Eau Seine Normandie avec l’élection d’Anne Le Strat, ouvrent d’autres possibilités inédites. Pas une voix n’a manqué du côté des associations pour sortir d’une gestion étroitement liée aux intérêts économiques, industriels et agricoles. Un tournant s’impose maintenant dans le domaine de la démocratie pour que les associations d’usagers citoyens (à la différence des « usagers économiques », industriels et agriculteurs) aient enfin une place significative dans les instances de bassin. A revoir aussi, l’action de l’Agence dans la lutte contre la pollution qui est la raison d’être de cet organisme. Comment sortir du « pollué-payeur » ? C’est à dire de la situation actuelle où les usagers domestiques paient la quasi totalité des redevances de pollution (96,5 % en 2008). Quelle politique mener pour faire face à l’ampleur de la pollution des rivières et des nappes ? Voir à ce sujet
Enfin les prochains mois seront marqués par les élections présidentielles et législatives. Comme cela avait déjà été le cas au moment des élections régionales, pourquoi ne pas s’adresser aux différents candidats et leur demander de réagir à nos propositions ? La sensibilité de l’opinion publique (et donc celle des politiques) à la question de l’eau a fortement augmenté, c’est le moment de se faire entendre, là aussi !
Bref, on ne pouvait pas rêver d’un meilleur moment pour organiser des Assises régionales des associations pour l’eau. Cette initiative vise à faire émerger les idées et les propositions des associations, c’est à dire à les élaborer ensemble mais aussi à les rendre plus visibles et donc incontournables pour les pouvoirs publics.
En pratique, les Assises régionales auront lieu au Pavillon de l'eau, 77 avenue de Versailles à Paris. Vendredi 9 décembre à partir de 20H, soirée d’ouverture avec la remise des « victoires du bien commun ». Et samedi 10 décembre toute la journée. Elles seront précédées en novembre par des forums thématiques dans les départements. Toutes les infos sont là
Des Assises régionales au Forum alternatif Mondial de l’eau (FAME)
Les Assises et leur préparation sont l'occasion de mettre en débat de nombreuses questions. Par exemple, quelles leçons tirons-nous des luttes engagées pour le retour à une gestion publique de l'eau ? Les situations sont diverses. L'association des usagers de l'agglomération de Mantes en Yvelines (AREP-CAMY) a marqué des points et contraint l'agglomération à des négociations plus serrées avec VEOLIA, avec pour résultat une baisse des tarifs et un contrat moins avantageux pour l'entreprise. A Est Ensemble, la volonté d'une gestion publique s'est exprimée si fort qu'il ne se trouve plus personne pour défendre la gestion confiée au privé, mais une majorité d'élus s'est quand même prononcée pour le retour dans le giron du SEDIF/VEOLIA.
Dans tous les cas, il s'agit de ne pas en rester là. Comment faire pour aller plus loin et gagner le retour au public ? Comment les associations peuvent-elles s'épauler mutuellement, renforcer ensemble leurs actions ? Quels pouvoirs nouveaux les usagers-citoyens et leurs associations peuvent-ils revendiquer en ce qui concerne l'information tout d'abord, puis la prise de décision ? L'exploitation des gaz de schistes constitue un extraordinaire péril pour la qualité de l'eau et a soulevé à juste titre une vague formidable d'indignation citoyenne qui a obtenu de premiers succès avec l'annulation de quelques permis, mais là non plus le compte n'y est pas et, peu ou prou, les mêmes questions sont posées. Comment passer de majorités d'opinion à l'inversion des priorités et des décisions des pouvoirs publics ?
Sur ces questions, nous voulons débattre, élaborer des propositions mais aussi trouver des solutions pratiques en construisant un mouvement de l'eau à l'échelle régionale, qui traite de toutes les problèmes liés à l'eau sans préalable ni hiérarchie entre eux, qui favorise l'alliance d'associations diverses, d'experts, d'élus, etc. Et, bien entendu, c'est sur les mêmes bases que nous voulons participer au Forum alternatif mondial de l'eau. Nous allons y apporter les contenus et les propositions élaborés dans les Assises régionales. Et les enrichir d'autres idées, au niveau national et international, pour aboutir à des propositions d'action qui ne seront ni un catalogue de revendications, ni une énième déclaration de grands principes, mais plutôt des leviers pour avancer ici et maintenant. Nous visons aussi à créer des liens plus étroits, un mouvement de l'eau organisé à l 'échelle nationale et internationale. C'est ambitieux mais c'est nécessaire et surtout c'est à notre portée !
lundi 14 novembre 2011 à 08:54 :: Hors de la place :: rss

Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.