Pour accueillir, ce nouveau directeur, l’ancien a été licencié sans vraie raison, ou plutôt au motif de la crise financière de l’OPHM. Le Maire, président de l’OPHM, clame en effet partout que l’OPHM est en difficulté et que ce serait la responsabilité de la mandature précédente, c’est-à-dire celle de Dominique Voynet.
Le Maire a d’ailleurs encore ces derniers jours fait paraître un communiqué s’appuyant sur un rapport de l’Inspection Générale des Finances, (IGF) qui analyse les comptes de 2009 à 2013.

Qu’en est-il exactement ? D’abord, pour 2015, l’OPHM affiche un résultat de plus de 4 millions d’euros, ramené à environ 2 millions d’euros si on enlève le résultat exceptionnel lié à des ventes de patrimoine, pas vraiment de quoi se plaindre …

Et qu’en est-il pour la période de 2009 à 2013 ?

A cette époque, l’OPM ne vendait pas son patrimoine, il investissait. Ainsi, sous Dominique Voynet, 80 à 100 logements ont annuellement été construits.
Il le fallait, crise du logement nationale, 6000 demandeurs de logement à Montreuil.
De plus, le parc a été rénové de manière très importante : réhabilitation de cités entière : Espoir, Bel Air
C’est de plus le choix de réhabilitation et d’amélioration des isolations qui a été fait, permettant ainsi de diminuer les factures des locataires, selon le concept de l’écologie populaire, un mélange de politique sociale et écologique.
L’OPHM a également porté des projets innovants, résidence mutualisée pour personnes âgées, avec le projet des Babayagas, logements passerelles pour les personnes sans logement...
Et pour finir, l‘OPHM a investi pour accroître l’accès social à la propriété.

Sur chacun de ces projets, la municipalité Voynet a cherché des financements pour diminuer la part investie par l’OPHM et les équilibrer. Ces investissements ont par ailleurs un point de stabilité, avant que les loyers nouveaux puissent alimenter le compte de recettes.
La crise évoquée par le Maire est donc surtout un moment à passer, une question de fonds propres plus que de déficit. Cet argument a servi à licencier le directeur et en placer un nouveau venant du PCF. Les chiffres du résultat de 2015 contestent en tous les cas cette idée de crise et donnent des capacités pour reconstituer des fonds propres.
Il faut dire aussi que le Président de l’OPHM ne souhaite pas particulièrement que l’on s’intéresse à ce qui se passe au sein de l’office, un directeur supposé bien vaillant fait donc l’office.
Par exemple, des emplois fictifs. On peut notamment s’interroger sur un poste de chargé de mission, qui avait été créé pour un ancien élu communiste de Bagnolet, ville perdue par le PCF en 2014. C’était un Monsieur que l’on ne voyait jamais à l’office, ce qui permettait d’ailleurs d’ironiser sur son nom. Normal, qu’on ne le voyait pas, ce Monsieur était aussi au cabinet du Maire, mais payé par l’Office. Pas joli joli tout ça …et puni par la loi d’ailleurs. Ce Monsieur a dû quitter précipitamment l’OPHM à l’automne car cela commençait à gronder : 15 mois d’emplois fictifs tout de même.

Par ailleurs, certains postes de régie, c’est-à-dire permettant l’entretien courant des logements ont été supprimés et pour faire quoi … appel à des entreprises extérieures, et ce sans contrôle sur les marchés attribués.
Enfin, il y a des attributions de logements, de commerces, non transparentes et dont on peut se demander a posteriori si les occupants sont – ou ne sont pas – des proches du parti.

La municipalité de Dominique Voynet avait un engagement qu’elle a tenu : la totale transparence des attributions.

Les raisons de s’inquiéter sont grandes car il n’y a pas qu’à l’OPHM, que les liens entre PCF et décisions politiques se font plus inquiétantes : au sein de la Mairie, recrutement de personnel communal issu des villes communistes perdues en 2014, sans entretien d’embauche et sans publication de poste ; délégation de service public pour la gestion du restaurant Mélies attribuée au candidat avec l’expérience la moins importante, mais dont la gérante est cadre d’un parti du Front de Gauche ; fonds de solidarité voté en conseil municipal, pour 15 000 € attribué à une association dont les membres du bureau sont tous membres du PCF. (cf un article précédent sur ce site Place de Montreuil)

Oui, les raisons de s’inquiéter pour l’OPHM sont bel et bien importantes, réelles, des raisons qui mettent en relief une politique de clientélisme, favoritisme et de financements qui pourraient être occultes. Des types d’actions qui d’ailleurs ont été dénoncées par le journal Libération, dans un article du 18 janvier 2016.

Nous n’avons pas envie de telles politiques à Montreuil. Les finances sont tendues et nous souhaitons des investissements en faveur de nos concitoyens.
Monsieur Bessac, nous serons vigilants sur ce qui se passe à l’OPHM, et aux actions du nouveau directeur. Nous serons vigilants à votre stratégie pour l’OPHM, pour les années 2016 et à venir. Nous réclamons un vrai plan d’action pour l’office HLM de Montreuil, pour les locataires, l’investissement, et la réhabilitation des appartements, pas des communiqués de presse à l’emporte-pièce.