Ce samedi 10 mars, Dominique Voynet a rencontré à Pantin celles et ceux qui continuent d’inventer le lien social, la dynamique artistique et économique, qui font que le 93 n’a pas perdu l’espoir.

Dans le quartier des Courtillières (100% de logement social) l’association des femmes médiatrices a accueilli Dominique et expliqué tout le travail d'apprentissage de l’autonomie sociale, mené jour après jour, qui avait permis en novembre 2005 que ce quartier résiste à l’implosion sociale. L'occasion pour Dominique de rappeler l’importance pour l’Etat de changer son approche des associations. « Alors qu’on permet aux entreprises d’avoir un délai de 90 jours pour payer leurs factures, on demande encore aux associations d’attendre un an les subventions accordées, alors que ce sont elles qui assument avec l’école les véritables missions de service public dans les quartiers ».

Dominique s’est ensuite rendu aux "Quatre Chemins" pour voir le résultat d’un pari, jugé à l'époque un peu fou, proposé il y a 10 ans par les élus Verts : requalifier un quartier « difficile » en y faisant venir du « beau », et coupler une opération de renouvellement urbain classique (réhabilitation de l'habitat, etc.) avec un ambitieux programme de développement économique dans le domaine de l'Artisanat d'art. Sous l’impulsion d’Aline Archimbaud, maire adjointe verte en charge de l’économie, une intervention publique a permis de créer 15 ateliers en RDC d'immeubles et de les louer à des tarifs attractifs pour faire venir des professionnels aux métiers passionnants (facteurs d'instruments, souffleurs de verre, créateurs de costumes ou de bijoux, stylistes, scénographes, etc.), en s'appuyant sur la tradition artisanale de ce quartier populaire.

Cette démarche a eu l'effet d'entraînement escompté, et une quinzaine d'autres artisans s'est installée dans des locaux privés. Un important Salon des Métiers d'Art et de la Création a été organisé pour la 7e année consécutive par la Ville en décembre dernier et attire toujours plus de visiteurs (3500 personnes) : c'est aussi l'occasion de montrer que la Seine-Saint-Denis regorge de talents et de savoir-faire. Dominique y a rencontré les artisans et les habitants du quartier pour échanger sur cette expérience.

Enfin, Dominique est revenue au Relais, restaurant d’insertion à la Maison des initiatives (MAAFORM) au lancement de laquelle elle avait participé en 1992. L’association gère depuis 15 ans un restaurant d'insertion et un centre de formation aux métiers de la restauration. Son travail est remarquable et elle a déjà accueilli plus d'un millier de stagiaires en formation (70 % d'accès à l'emploi à la sortie), et près de 300 personnes en situation très précaire (sortant de prison, parfois SDF, etc.) ont pu reprendre pied dans la vie professionnelle en transitant par le restaurant.

Une récente étude a conclu à l'obligation de développer la capacité d'accueil de la structure, de mettre aux normes ses installations et de faire évoluer son statut. Le Relais bénéficie d'une situation financière saine, a largement fait les preuves de son efficacité, mais est aujourd'hui confronté à la situation suivante : soit il parvient à mobiliser les soutiens financiers indispensables pour répondre à sa crise de croissance, soit il stagne. Les collectivités locales, Ville en tête, soutiennent le projet, mais une intervention de l'Etat est indispensable, et elle loin d'être assurée.

En savoir plus sur la campagne de Dominique Voynet : voir le lien en page d'accueil.