Définir quelle ville nous voulons en 2020, les enjeux et les défis auxquels notre ville est confrontée, le mode de développement à suivre (au-delà de la proclamation de son caractère « durable »), la stratégie urbaine à suivre, et la manière de construire la ville avec ses habitants. Ce n’est pas simple, cela prend du temps, ce n’est la culture ni des élus, ni des services, ni de la plus grande partie des habitants.

Le PLU

Le PLU de Montreuil, c’est un chantier lancé en 2005 par la municipalité précédente, mais qui s’est embourbé en 2007. Il devenait urgent de le conclure : une municipalité, surtout nouvelle, a besoin des règlements d’urbanisme pour inscrire ses priorités politiques sur un territoire. Difficile d’attendre la fin du mandat. La volonté municipale est de déboucher mi-2010.
Le PLU, c’est un document d’orientation générale, le PADD (Plan d’Aménagement et de Développement Durable), donnant le cadre d’une partie comprenant les règlements d’urbanisme. L’élaboration du PLU doit légalement être accompagnée d’une concertation avec les habitants, tant pendant la phase PADD que « réglementaire », et d’une consultation des acteurs institutionnels. Elle est rythmée par des débats en conseil municipal, et se conclut par une enquête publique, prévue (si pas de retard) pour le printemps 2010.
Le temps (rapide) de cette concertation légale n’est pas le temps des citoyens, et la concertation réellement existante de la municipalité jouera entre ces deux temps.

L’agenda 21

C’est un chantier également démarré par l’ancienne municipalité en 2006 et brutalement arrêté en janvier 2007, à peine ébauché. La nouvelle équipe a décidé de reprendre son élaboration dès cet automne.
C’est quoi l’agenda 21 ? Le nom vient de la conférence de Rio en 1992 sur « environnement et développement », et recouvre des programmes d’actions et d’engagements pour le développement durable. Cela fait près de 15 ans que les villes les plus conscientes de ces enjeux se sont dotées d’un agenda 21 local. Les villes françaises sont souvent retardataires. Mais depuis le Grenelle de l’environnement, c’est un « must », cadré par le Ministère, et souvent sans contenu (voir celui du conseil général du 93).
Un agenda 21 comporte en général une partie générale, avec un diagnostic, des enjeux, des objectifs, une stratégie – plus un programme d’actions – plus un suivi des engagements pris. Le tout, co-élaboré avec des habitants.

L’urgence climatique

Depuis 1992, la question de l’énergie et du climat occupe une place de plus en plus centrale dans les enjeux de développement, international comme local. En particulier les conséquences sont nombreuses pour le PLU, et ces enjeux sont maintenant au cœur des agendas 21. La ville de Montreuil ne se distinguera pas, et ouvrira en 2009 un troisième chantier, celui d’un « plan climat énergie territorial » (PCET). C’est d’ailleurs autour de cette question, et dans l’optique de préparer aussi la conférence de Copenhague (décembre 2009, qui doit renouveler les accords de Kyoto sur le climat) que nous développerons un débat encore plus approfondi avec les habitants

Trois chantiers ouverts le 7 février

La municipalité a décidé de lancer ces trois chantiers, qui vont s’étaler sur 18 mois. Le PCET ayant un léger décalage dans le temps.
Le blocage simultané du PLU et de l’agenda 21 par l’ancienne municipalité nous a fourni une opportunité, une chance : fusionner la première étape du PLU (le PADD) et celle de l’A21 (la partie générale). Ce sont effectivement une seule et même chose, partant d’états des lieux qu’il n’était pas utile de refaire : la ville que nous voulons dans 20 ans, les enjeux, les principales orientations, les objectifs, la construction avec les habitants.
Cette fusion permet de changer la nature du PADD, de promouvoir une véritable révolution dans la manière d’aborder cette question. Il ne s’agit pas seulement de manifester, comme dans l’ancien temps, « un souci de développement durable » dans un document d’urbanisme, mais d’en mettre les enjeux et la problématique au cœur des orientations. Deux en particulier étaient absentes de la version ancienne : l’enjeu climatique, et la solidarité (répondre à la demande de logement).

La rencontre du 7 février a permis de présenter la démarche sur les 18 mois, d’ouvrir un processus de concertation et de lancer une discussion plus précise sur 4 thèmes : la politique de l’habitat et l’urbanisme – la préservation de l’environnement – la politique des déplacements – le développement économique, social et solidaire.
Un retour, sous forme d’une réunion publique aura lieu le 12 mars en mairie, après les vacances scolaires d’hiver. Entre temps, deux moments de poursuite des échanges seront proposés pour les amateurs, et cela se poursuivra si besoin après le 12 mars

Changer de logiciel

Nous avons eu droit, le vendredi 6 février, à un communiqué des amis de l’ancien maire protestant contre une concertation qui serait limitée aux 4 heures du samedi après-midi. Gaguesque. Il faut vraiment avoir soi-même de telles pratiques pour les attribuer à d’autres.
Il faudrait qu’ils changent de logiciel dans leur tête. La nouvelle municipalité n’a pas les mêmes méthodes de travail, notamment sur le PADD ou l’agenda 21. On n’est plus dans le formel (on écoute, mais on ne tient pas compte), on n’est plus dans un cadrage temporel figé et bloquant.
Entre PADD et partie réglementaire du PLU, nous sommes dans processus itératif. Un premier vote sur le PADD est prévu début avril au conseil municipal. Il permettra d’ouvrir le chantier du règlement, mais ne figera pas le PADD. Ils pourront évoluer ensemble, être ajustés par d’autres votes du conseil municipal et lors de l’enquête publique.

En ce qui concerne l’agenda 21, 1 atelier de concertation fonctionne déjà sur la biodiversité, et 5 ou 6 autres seront mis en place en avril.

La mise en place d’outils pour appuyer les initiatives d’habitants.

La municipalité va fournir l’accès à de nombreux documents, qui existent depuis 2005 pour certains, mais peu ou pas publics jusqu’à présent. Et peu utilisés pour la plupart : notamment le diagnostic ; les comptes rendus des 14 réunions de concertation de 2006, ceux faits par l’ancienne équipe, et ceux faits par l’ancienne opposition (nous en l’occurrence) ; des propositions de conseils de quartier ; le rapport du conseil économique et social sur le PADD (2008) ; des exemples d’autres villes, etc. Ils seront consultables dans une salle du « pôle d’information citoyen », à l’Hôtel de Ville en partie, et sur internet.
Un site internet interactif est en cours de constitution, pour débattre de la ville à construire.

Plus encore, les élus ont besoin de l’intelligence des habitants, de leur expertise citoyenne. On ne fait pas une ville sans les habitants. Elle doit se manifester à la fois sur le plan thématique (et les ateliers proposés par la municipalité y aident, avec d’autres dont des associations peuvent prendre l’initiative), et au niveau des quartiers ; là, les citoyens actifs (réseaux associatifs, conseils de quartier, groupes d’habitants…) ont un rôle essentiel à jouer pour permettre la manifestation de cette expertise des habitants sur leur ville. La municipalité peut aider, mais comptent avant tout la créativité et l’esprit d’initiative des militants.

Nous n’aurons pas trop de 18 mois.