Si loin, si près, de Montreuil (1)
Par Patrick Petitjean
Cela fait maintenant 7 ans que j’ai quitté la ville pour les Landes. Mais je me sens toujours concerné (à tort ?) par ce qui se passe. Le blog place.de.montreuil est en sommeil depuis 4 ans. Je vais le réactiver pour ces élections à Montreuil. Premier billet.
Cela fait maintenant 7 ans que j’ai quitté la ville pour les Landes. Mais je me sens toujours concerné (à tort ?) par ce qui se passe. Et fort découragé par l’évolution d’EELV (élu.e.s et groupe local) depuis 2014. Après 30 ans chez Les Verts et EELV, je n’ai pas repris ma carte en 2019, Jadot + EELV-40 + EELV-Montreuil, cela faisait trop, si je voulais resté fidèle à mes combats politiques. Si loin, si près de Montreuil donc, mais d’EELV aussi.
Les élections municipales sont maintenant dans un mois. L’offre politique montreuilloise n’est pas encore totalement stabilisée, ni du point de vue des listes qui seront finalement présentes (composition et dépôt), ni de leur programme, ni de leur stratégie de second tour. La clarification va s’accélérer ces prochains jours.
Le blog place.de.montreuil, archaïque dans sa conception et son architecture, est en sommeil depuis 4 ans. J’y avais laissé quelques archives, notamment sur le Méliès et un projet landais bidonné (le Biome) soutenu par notre ministre Darrieussecq.
Je vais le réactiver pour ces élections à Montreuil.
Et tout d’abord, pour ce premier billet, un retour sur les élections passées, européennes et municipales
Les résultats des européennes sont à la conjonction d’un contexte national (politique et idéologique) et d’un tissu social. Les résultats ont toujours été bons à Montreuil, supérieurs aux scores nationaux.
Comme au niveau national, c’est la faiblesse (PS, LFI) ou l’effondrement (PC) des concurrents à gauche qui ont valorisé le score d’EELV. Mieux vaudrait en avoir conscience pour ne pas se tromper de stratégie...
Le résultat d’EELV de 2019 aux Européennes (24.3) a été bon, sans plus, à mi-chemin de 2009 (29.1) et 2014 (20.2). Il faut cependant y ajouter ceux du parti animaliste (1.8) qui a rejoint le camp de Mireille Alphonse. Urgence écologie (2.0) a rejoint le camp de Patrice Bessac.
Pour le premier tour des élections municipales, les résultats ont été de 20.2 en 2001, 32.5 en 2008 et 15.3 en 2014.
En 2001, il n’y avait pas d’offre de parti politique écolo ou démocratique en dehors des Verts. Nous avions donc choisi la formule d’une liste avec le logo des Verts, mais avec la moitié des places (notamment éligibles) pour des militant.e.s associatifs.ves. Une stratégie devenue celle d’EELV quelques années après, encore en vigueur dans des villes comme Bayonne, mais abandonnée dès 2014 par EELV-Montreuil. Une liste ouverte (le titre était Montreuil Ville Ouverte), et nom pas « autour de » avec une prédominance de l’appareil du parti. L’écologie, et la démocratie (face aux système du PC) étaient les deus thèmes structurants de cette liste.
Jean-Pierre Brard, maire sortant, avait attiré son lot d’écologistes (Thérèse C., Catherine D., Jérémie Z. notamment) : rien de nouveau donc avec Patrice Bessac.
Sans danger venant de la droite et de l’extrême droite, la liste s’est maintenue au 2e tour, atteignant 28 %, avec 9 élu.e.s, déstabilisant ainsi le maire et préparant le succès de 2008.
Cette question du second tour est d’ailleurs cruciale : le « rassemblement de la gauche », dans les villes tenues par le PC ou le PS et où la droite n’est pas menaçante, n’est qu’un prétexte pour conforter les maires sortants et étouffer toute alternative à gauche et écologiste. En 2001 et 2008, il n’a jamais été question d’une éventuelle fusion avec la liste du maire sortant au second tour.
En 2008, avec un maire déstabilisé, l’arrivée de Dominique Voynet a donné la crédibilité suffisante pour que nous l’emportions largement au second tour (54.2 % contre 45.8 % au maire sortant.
En 2014, la non-candidature de Dominique Voynet a provoqué le chaos à EELV, aggravé par les pratiques politiques des animateurs-trices du groupe local. Il a fallu demander le renfort d’une personne extérieure à EELV comme tête de liste, ce que j’estime toujours justifié malgré les conditions désastreuses de ce choix. Il faut encore le remercier d’avoir accepté de s’embarquer dans une galère. En 2014, à part la tête de liste, il s’est agit d’une liste d’appareil, fermée. Le (relativement) faible score est à la mesure de cette stratégie.
EELV avait perdu la main. Et face à la menace d’un retour de l’ancien maire, plus populiste et anti-Rom que jamais, la fusion avec le PC et le PS s’imposait, que l’on ait eu, ou pas, des illusions sur un renouveau des pratiques du PC avec Patrice Bessac. A l’évidence, ce ne fût pas le cas, j’y reviendrai. Bessac a coulé ses pas dans ceux de Brard. En 2014, la liste fusionnée avait gagnée de justesse face à l’ancien maire, dans une quadrangulaire avec également des ex-socialistes et la droite.
Le chaos dans EELV, groupe local et élu.e.s, s’est prolonger pendant 6 ans, aboutissant à l’existence de 2 groupes au conseil municipal. L’initiative de la scission revenant aux élu.e.s engagé.e.s Mireille Alphonse cette année. Au-delà des relations personnelles, le désaccord portait sur les relations avec le maire : participation critique (mode parisien entre écolos et Hildago) ou participation complaisante (y compris dans le soutien au maire pour écarter des élues écolos jugées trop critiques).
Pour 2020, cela ne s’annonce pas mieux qu’en 2014. Les écologistes seront dispersés entre 3 listes… Ce sera pour d’autres billets.
Patrick Petitjean, le 13.2.20
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