La cantonale de Montreuil, ce n’est pas un dîner de gala.
Par Patrick Petitjean
Le PCF a finalement décidé de ne pas respecter ses propres règles de « désistement républicain » et de présenter son candidat contre Catherine Pilon (EELV), qui était arrivée en tête du 1er tour, pour le 2e tour de la cantonale à Montreuil-Ouest le 27 mars prochain.
Quelque part, on peut dire merci au PCF (et au parti de gauche qui lui emboîte le pas).
Merci de manifester ainsi un double langage. On affiche des principes, mais on ne les applique pas quand ils peuvent vous desservir. En 2008, lors des municipales, des torrents de boue avaient été répandus contre le maintien de la liste conduite par Dominique Voynet face au maire sortant par les mêmes qui aujourd’hui renient leurs principes.
Merci, car ces principes n’ont jamais été ceux des écologistes à Montreuil, et le PCF semble enfin les rejoindre dans le rejet de ce faux « désistement républicain ». Même si on peut douter que cela se manifeste dans d'autres circonstances.
Je reviendrai, après le 2e tour, sur l'arrière-cuisine dépatementale de ce 2e tour des cantonales, pas ragoutante non plus.
Mélenchon voit des monarchistes partout
L’inénarrable Jean-Luc Mélenchon vient de le rappeler : le « désistement républicain » réel date de la fin du 19e siècle, et il s’agissait pour les partisans de la République de ne pas se concurrencer face à des candidats monarchistes, bonapartistes et antirépublicains lors de seconds tours électoraux à une époque où la République restait fragile. Il est difficile de trouver un rapport entre ce « désistement républicain » et son avatar actuel chez les partis de gauche, qui consiste à refuser aux électeurs (fussent-ils à droite) de choisir entre deux candidats lors d’une élection. La culture totalitaire des uns (le PCF) ou la volonté de défendre ses sortants (le PS) - cas fréquent des candidatures uniques - sont la seule raison de ce dévoiement du « désistement républicain ».
Ce rappel historique n’a pas empêché Mélenchon et le Parti de Gauche de soutenir le maintien des candidats du PCF, notamment à Montreuil. Mais à quelle époque croit-il vivre ? Les écologistes sont-ils les monarchistes du 21e siècle ?
Merci donc pour les électeurs qui vont avoir le choix entre deux candidats, ce qui est le B.A.BA de la démocratie, et c’est bien pour cela qu’il faut rejeter ce faux « désistement républicain ». Les écologistes de Montreuil sont, sur ce point, en phase avec l'approche nationale d'EELV (le désistement pour le candidat de gauche le mieux n'est un principe que contre la droite) autant qu'avec leurs camarades de Grenoble qui trouvent "sain" (Libération du 23 mars) que le PS maintienne avec le soutien du PCF son candidat contre un candidat écologiste arrivé en tête. C'ets une autre manière de faire de la politique et de respecter l'électeur.
L’ex-maire a soif de revanche
Dans un billet précédent, je m’étonnai, avant le 1er tour, de la disparition de l’enjeu « conseil général » dans une élection cantonale, où Manuel Martinez, le sortant sorti, mettait en avant un « non à la politique municipale ».
Pour le second tour, les limites de la décence politique sont franchies. 100% de la circulaire aux électeurs, qui vient d’être publiée ce mercredi midi sur le site du PCF de Montreuil, concerne la politique municipale, et s’attaque directement à « Voynet/Pilon », sans doute une nouvelle candidate pour cette cantonale.
Et l’on reconnaît bien là la patte revancharde de l’ex-maire, l’articulateur de cette campagne cantonale pour le PCF de Montreuil.
Cette circulaire comporte 5 paragraphes (de quelques lignes) CONTRE 5 volets supposés être ceux de la politique municipale (la spéculation immobilière, la vente de l’école publique, la casse de la santé, la fausse démocratie, l’écoquartier financier), et 5 slogans (de quelques mots) POUR. Constructif, on vous le dit.
Le tout sous une citation de Jean-Jaurès (« le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire »), ce qui est typique de la nov’langue du PCF, puisque les accusations contre « Voynet/Pilon » sont loin de la vérité, et mêmes de purs mensonges
La fable Microsoft
Car parmi ces accusations, il y a celle de la « vente de l’école publique »… à Microsoft, une fable que toute personne douée de raison ne peut évidemment croire.
Il s’agit du projet de groupe scolaire avenue de la Résistance. Sans aucun contact avec la Mairie, Microsoft l’a fait apparaître sur la partie de son site français consacré à l’éducation. Ce qui a évidemment depuis plusieurs semaines susciter force démentis – connus du PCF – et protestation auprès de Microsoft pour demande de retirer de son site cette mention. Malgré cela, et en connaissance de cause, les amis de l’ex-maire répandent cette fable malveillante. Si le courage est « de chercher la vérité et de la dire », comment faut-il qualifier cet aveuglement devant la vérité et l’affirmation de contrevérités ?
mercredi 23 mars 2011 à 15:33 :: Billets d'humeur :: rss

Commentaires
1. Le mercredi 23 mars 2011 à 15:48, par Dolores
2. Le mercredi 23 mars 2011 à 15:55, par Dolorès
3. Le mercredi 23 mars 2011 à 16:00, par Patrick Petitjean
4. Le mercredi 23 mars 2011 à 16:15, par Michel (CGT CCAS MONTREUIL)
5. Le mercredi 23 mars 2011 à 19:16, par Le retour de 2008
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